Pour moi, recevoir des gilets jaunes c’est toujours l’occasion de débattre et de rapprocher des opinions, a priori divergentes. Elles sont souvent, en réalité, le fruit d’une intense désinformation et d’un manque d’information. Cette distance envers l’Europe est entretenue depuis des décennies par biens des élus de tout parti politique, de nombreux médias et tout notre système, de l’éducation à nos collectivités.
Alors on se parle et, en s’écoutant, on avance.
Malheureusement ce samedi en Ardèche, certains cherchaient plus à provoquer et à détruire qu’à parler avec la trentaine d’ardéchois présents au débat – malgré leurs annonces et leurs menaces en ligne.
J’ai longuement parlé avec un petit groupe de 5-6 gilets jaunes qui souhaitaient, eux, débattre avec moi des violences policières. Le rôle de l’Europe dans la protection des libertés fondamentales est considérable, je leur ai donc raconté certains arrêts de la Cour Européenne des Droits de l’Homme, que nos nationalistes veulent abattre. Oui, il y a des violences inacceptables de la part des forces de l’ordre parfois, au coeur de notre démocratie. Oui, nos tribunaux sont parfois incapables de rendre justice. Mais nous avons les juges européens pour condamner la France, et la presse et les syndicats et toute notre démocratie pour avancer ensemble – contrairement à la Russie, dont la propagande abonde les pages des groupes GJ.
Malheureusement, le référent a très mal commencé l’accueil des 70 gilets jaunes venus au début du débat en chantant dans notre salle de conférence.
« Bon, je vous passe le micro! Vous avez 5 minutes pour dire ce que vous avez à dire et vous partez! »
Immédiatement, les opposants au dialogue avaient remporté la bataille au sein des GJ. Avec un tel aveuglement et une telle arrogance de la part du référent – qui a été, enfin, remplacé par En Marche quelques mois plus tard. Ils n’ont jamais rendu le micro, et l’attitude du référent n’a fait qu’empirer cette rencontre.
Merci cependant à Rogé Keppel, Laurence Dubin, Damien Zilka, notre colistier Philippe Gudin et tous les autres pour leur invitation et leur accueil comme Max et Roselyne…, nous avons pu débattre en comité réduit 2-3h plus tard, une fois les gilets jaunes partis. J’aurais souhaité que la plupart d’entre eux restent, mais quand les extrémistes contrôlent le groupe il n’y a guère d’espoir.
Une opportunité d’échanger ratée à cause de la violence d’une minorité, et de la passivité de beaucoup.
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